Association humanitaire créée pour soutenir les enfants et familles Sioux Laḱota de la Réserve de Pine Ridge, Dakota du Sud - USA
TEMOIGNAGE DE TRINA (habitante de la réserve de Pine Ridge)
Je voudrais d'abord parler de ma maison. Quand j'ai rencontré mon mari, il avait un domicile dans sa ville natale, mais nous n'avons pas trouvé d'emploi là-bas, aussi nous avons dû nous installer chez ma mère.
C'est une maison où la pauvreté est la plus révoltante. Il y a de la moisissure noire au sous-sol. Il n’y a pas assez de literie : on utilise des coussins et des matelas de camping ; il n’y a pas assez de couvertures. On doit utiliser des couvertures comme literie pour certains des enfants.
Le service d’hygiène (HIS) a déclaré la maison inhabitable alors qu’elle n’avait que quelques années, mais on continue à y vivre car nous n'avons aucun autre endroit où aller.
Nous vivons, à environ 8 "miles" au Nord de Manderson, dans cette maison surpeuplée, avec quatre familles (15 personnes en tout pour 3 chambres) et nous essayons de faire avec nos petits revenus ; et comme je vous l'ai déjà mentionné, il n'y a pas de travail ici, excepté si vous faites partie de la famille des Membres du Conseil Tribal.
Je vis avec ma mère, mon mari, mon beau-père qui est atteint d’un cancer en phase terminale. Ma mère souffre d’insuffisance cardiaque congestive , et je suis atteinte d'un lupus.
J'ai aussi ma nièce, dont la mère est décédée il y a quelques mois dans un accident de voiture causé par l’éclatement d’un pneu. Deux personnes sont mortes et deux autres ont été blessées.
Dans notre maison, nous avons aussi 5 enfants de parents célibataires que nous hébergeons.
C'est tellement dur de les voir se passer de leurs parents, spécialement quand ils s'efforcent de persévérer à l'école. Je les regarde partir pour l'école sans chaussette, ou aller au lit avec la faim au ventre. J'ai grandi de cette manière, et j'essaie constamment de rendre la vie meilleure à mes enfants, car j'ai été, moi aussi, une mère célibataire pendant 7 ans jusqu'à ce que je rencontre mon mari.
Ce sont tous de bons gamins : ils ne touchent pas à la drogue et restent souvent avec mon mari et moi pour fuir leurs familles rongées par l'alcool. Nous essayons de les encourager, de leur donner de l'espoir, de correspondre au meilleur modèle qui soit.
Chaque soir, nous trouvons des activités à faire ensemble, que ce soit jouer à cache à cache ou raconter des histoires de fantômes mais ça vous brise le cœur de savoir que le cycle de la misère est toujours d'actualité. Ce week-end, nous avons trouvé de l'argent pour passer un moment dans une maison hantée, nous avons fait des boules de popcorn et avons creusé des citrouilles (pour Halloween). C'était super !
Noël arrive et avec lui, le «commerce» que cela implique, je sais que mon mari et moi allons en ressentir la pression. Mais c'est toujours un mauvais moment pour eux parce qu'il leur rappelle leurs parents, les membres de leurs familles perdus par la faute de l'alcool.