• Bataille contre les Tribus Sioux !

     


    LA "MARCHE À LA MORT" — HIVER 1876,

    Ou "L'Expédition de l'Enfer". 

     

    Article tiré du Site Les Batailles Célèbres de l'Histoire "La Marche à la Mort",
    Par Daniel Veraghen

     

    Major Marcus Rawlings

      

    Au début de l'Hiver 1876, une colonne de 900 cavaliers quitta le Camp de Goose Creek, situé à la Frontière du Montana et du Wyoming, non loin de l'actuel Parc National de Yellowstone, afin de s'attaquer à une force de plus de 5.000 Indiens, dirigée par Sitting Bull et composée de contingents Sioux, Cheyenne, Arapahoe, ainsi que d'autres Tribus de moindre importance, et qui, l'Été précédent, avait anéanti le Régiment du Général George Armstrong Custer dans la Vallée de la Little Big Horn.

    À la suite de leur Victoire, les Indiens s'étaient retirés dans la Région montagneuse située entre la Powder River et la Tongue River.  Décidé d'en finir, le Général Crook, Responsable de la Région, avait ordonné au Commandant de la colonne, le Major Marcus Rawlings, d'attaquer les Peaux-Rouges qui, vu la saison, ne s'attendraient sans doute pas à un assaut aussi tardif.
    C'est dans ce contexte que débuta une Campagne qui passera à la postérité sous le nom de "Marche à la Mort", d'"Expédition de l'Enfer" ou de "Campagne de la Haine"...

    Placé à la tête des soldats, le Major Rawlings était un officier expérimenté mais à la réputation détestable et il se disait que, sous son commandement, il y avait plus de décès par suicide que du fait des combats...

     

    Campagne Hivernale

      

    Durant le premier mois durant lequel se déroula l'expédition, le climat resta relativement doux.
    Rawlings ne chercha pas l'affrontement mais laissa ses hommes faire un véritable massacre de Bisons, daims et autre animaux qui furent laissés à pourrir sur place. Ce serait toujours cela que les Indiens n'auraient pas... Rawlings ne négligea pas non plus d'empoisonner tous les points d'eau de la Région afin d'anéantir un peu plus le gibier.

    Lorsque l'Hiver débuta véritablement, Rawlings, au grand étonnement de ses hommes, décida de progresser plus avant. Au bout d'une semaine, la température était tombée largement sous zéro et la neige avait envahi la Région. Dans ce froid, les culasses de fusils commencèrent à geler, les chevaux périrent progressivement par manque de fourrage, et les hommes en furent réduits à se nourrir de rations de campagne qu'ils durent faire dégeler dans leur bouche...

    Il ne fallut toutefois pas longtemps pour que les soldats arrivent en vue d'un campement Indien comptant plus de 500 tentes. Les Indiens, comme cela avait été prévu, furent pris totalement par surprise. Ils ne s'attendaient nullement à une offensive aussi tardive dans la saison et étaient persuadés que les "longs couteaux" se trouvaient dans leurs quartiers d'Hiver à Fort Laramie.
    Rawlings ordonna la charge. En quelques minutes, le village fut en flammes et, parmi les 1.000 guerriers qui s'y trouvaient, rares furent ceux qui eurent l'occasion de récupérer leurs armes et de trouver le salut dans la fuite.
    Rawlings ordonna de rassembler tous les prisonniers qui se retrouvèrent vite nus, leurs vêtements ayant été confisqués et jetés au feu. Rawlings décida d'envoyer les jeunes femmes dans un bois situé à l'Ouest du campement et posta la moitié de ses hommes en position défensive. L'autre moitié fut autorisée à camper dans le bois et se vit libérée pour la nuit... Une longue nuit de viols allait débuter.

    Au matin, le froid avait tué tous les hommes, femmes et enfants laissés sans abri et sans vêtements. Il avait aussi tué les 32 soldats blessés dans l'attaque du village, ce qui résolut le problème de Rawlings relatif au transport de blessés.  Avec les décès de la nuit, la destruction complète du village coûta aux Américains la perte de 62 soldats. Aux pertes humaines, il fallait ajouter la mort de 1.500 chevaux Indiens qui avaient été entravés avant la nuit et avaient tous péris gelés.  Rawlings ne pouvait laisser les Indiens les récupérer et ne pouvait perdre 1.500 cartouches pour les faire abattre...

     

    Un Anéantissement Mutuel

       

    Durant une nouvelle semaine, les soldats U.S. progressèrent vers la "Montagne des Loups" dans un paysage dévasté. Afin de gêner l'envahisseur, les Indiens pratiquèrent une politique de "terre-brûlée", brûlant tout ce qui pouvait servir aux Blancs durant leur progression.

    Alors que les soldats campaient le long des berges d'une rivière, huit jours après la destruction du campement Indien, ils furent assaillis par une force de 1.500 Indiens Sioux. Rawlings, conscient que rester sur la défensive amènerait sa destruction, ordonna à ses hommes de s'emparer des hauteurs voisines. Sous le commandement de l'adjoint de Rawlings, le Capitaine Dalton, les Américains montèrent à l'assaut mais, bien vite, durent s'arrêter puis refluer vers la rivière.  Rawlings prit alors personnellement la tête de ses hommes et repartit à l'assaut des hauteurs. Entraînés par "Mad Marcus" et favorisés par la supériorité de leurs (affligeants), Springfield sur les fusils à chargement par la bouche ou les arcs des Indiens, les Américains parvinrent finalement à se rendre maîtres des hauteurs.  Les cavaliers avaient perdu 300 morts ou blessés dans l'affaire, les Indiens 700 tués... Parmi les blessés U.S., 70 s'avérèrent intransportables. Rawlings décida de les abandonner et, conscient d'un retour certain des Peaux-Rouges, leur laissa à chacun un revolver garni d'une seule balle...


    Illustration, Bataille de la "Montagne des Loups",
    Frank Leslie — apparue au journal illustré le 5 mai 1877.

    Rawlings l'"Enragé" reprit sa progression vers le coeur du territoire Indien, perdant de nombreux hommes sous le feu de tireurs isolés, mais parvint finalement en vue du dernier Camp Indien. À cette date, des 900 cavaliers partis de Goose Creek, il n'en restait plus que 400, équipés de 50 chevaux.
    C'est alors que Rawlings constata qu'il s'était jeté dans un piège. Pour atteindre le village, il lui faudrait charger entre deux falaises défendues par une multitude d'Indiens, et ce en terrain totalement découvert.
    Rawlings réfléchit quelques instants puis, persuadé que ses troupes seraient de toute façon détruites lors d'une tentative de retraite, il décida d'attaquer.

    À quatre reprises, les soldats chargèrent. À quatre reprises, ils furent repoussés, laissant 75 % des leurs sur le terrain. Conscient que la prochaine attaque serait la dernière, Rawlings ordonna d'allumer un feu et d'amener les derniers chevaux survivants. Rawlings fit constituer des fagots et les fit attacher derrière les chevaux avant de les enflammer. Marcus Rawlings enfourcha un cheval et s'élança en direction des Indiens, suivi par 50 chevaux affolés, derrières lesquels les 100 soldats survivants chargèrent à pied.
    Rawlings ne tarda pas à tomber, percé de flèches, mais les bêtes causèrent la panique chez les Indiens et permirent aux 20 derniers soldats U.S. d'atteindre le campement. Les seuls officiers survivants, le capitaine Dalton et le lieutenant Hassen, ordonnèrent aux hommes de s'emparer de nourriture et du nombre de chevaux nécessaire avant de mettre le feu au village. Les miraculés se hâtèrent ensuite de fuir vers Goose Creek avant que les Indiens ne se soient ressaisis...

     

    Des Tribus Exsangues

        

    A l'instar de Custer, Rawlings avait mené ses troupes à la destruction.
    Toutefois, si à Little Big Horn les Indiens n'avaient guère subi de pertes, la "Marche à la Mort" avait provoqué la perte de 2.000 Guerriers Indiens, soit 50% de la force qui immobilisait une moitié de l'armée des États-Unis dans le Far West.


    La Région des dernières Résistances Yosemite Falls.

    L'Hiver 1876 - 1877 fut celui des dernières résistances importantes. Peu après, Crazy Horse et Sitting Bull se rendirent et devinrent des prisonniers de guerre. Ils ne tardèrent pas à être assassinés par les Américains : Crazy Horse le 7 Septembre 1877 à la Réserve de Red Cloud, Sitting Bull le 15 Décembre 1890 au sein de la Réserve de Standing Rock...

    La voie était libre pour les colonisateurs. La Grande Résistance était brisée...


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